Son dossier racontait trois histoires. Aucune ne collait.
Son CV disait « étudiant en informatique ».
Sa lettre parlait de cinéma.
Son bulletin venait d’un BTS qu’il n’avait pas terminé.
Martin a vingt ans. Deadline Parcoursup : demain soir.
Et son dossier raconte trois histoires différentes.
C’est le problème numéro un des réorientations.
Pas le manque de motivation. Le manque de cohérence.
Un jury parcourt ton CV, ta lettre, tes bulletins. Si les trois ne racontent pas la même histoire, un doute s’installe. Dans une pile de quatre cents candidatures, le doute se transforme en refus.
On a repris chaque pièce du dossier.
Le Bachelor informatique abandonné ? Retiré du CV. Inutile de créer une zone d’ombre impossible à justifier en 1500 caractères.
Les « tests d’orientation » mentionnés dans sa lettre ? Remplacés par « accompagnement professionnel de réorientation ». L’un dit : j’ai coché des cases sur internet. L’autre dit : j’ai pris mon avenir en main. Trois mots. Tout bascule.
Ses vidéos YouTube, son expérience en théâtre, sa sœur intermittente du spectacle, tout était là, éparpillé dans le dossier. Il suffisait de relier les points.
Ce que j’observe à chaque séance : ceux qui se réorientent pensent qu’ils repartent de zéro. Ils cachent leur ancien parcours. Ils le minimisent.
Alors qu’un parcours non-linéaire, bien raconté, devient leur meilleur argument.
Martin n’a pas un profil faible. Il a un profil riche. La rigueur d’un BTS technique. Des vidéos qui prouvent qu’il pratique déjà. Un anglais courant qui ouvre des portes.
Ce qui manquait, c’était le fil narratif.
Ton dossier de candidature, ce n’est pas un inventaire.
C’est un scénario. Chaque élément doit servir l’histoire que tu racontes.
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Eudonia
eudonia . fr
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