Ta fille rentre du lycée.
Elle pose son sac. L’odeur de la cantine est encore sur son pull.
Elle dit : « J’ai eu 14 en philo. »
Tu réponds : « Ah. Bien. »
Puis, trois secondes de silence.
« Et en maths ? »
Elle baisse les yeux.
Elle vient de comprendre que son 14 en philo ne compte pas.
Que seules les matières « sérieuses » t’intéressent vraiment.
Tu n’as rien dit d’explicite.
Mais ces trois secondes de silence pesaient plus lourd qu’un discours.
La pression parentale sur l’orientation, ce n’est jamais :
« Tu feras médecine ou je te déshérite. »
C’est infiniment plus subtil.
Et infiniment plus efficace.
C’est :
→ Comparer son parcours à celui du cousin qui a « réussi »
→ Soupirer imperceptiblement quand elle évoque une filière qui te déplaît
→ Poser 15 questions sur ses notes de maths, zéro sur son projet artistique
→ Dire « c’est ton choix » avec un ton qui signifie exactement l’inverse
→ Changer de sujet quand elle parle de ce qui l’anime vraiment
Ton ado ne lutte pas contre tes mots.
Il lutte contre tes silences.
Tes micro-expressions.
Le temps que tu prends avant de répondre « ah d’accord… » quand il mentionne une voie que tu juges « pas assez sérieuse ».
Tu crois ne rien imposer.
Lui sent tout peser.
85% des jeunes sont angoissés par leur orientation.
Une partie de cette angoisse vient de nous, parents.
(Oui, « nous ». Moi le premier.)
On ne dit jamais : « Je suis déçu. »
Mais notre regard le dit.
Notre question suivante le dit.
Notre façon d’enchaîner sur autre chose le dit.
L’ado capte TOUT.
Le haussement de sourcil.
Le silence qui dure une seconde de trop.
L’enthousiasme absent dans ta voix quand il parle de son projet.
Il construit son avenir en négociant avec tes attentes invisibles.
La question qui dérange :
Si ton enfant choisissait la voie qui TE rassure au lieu de celle qui L’appelle.
Est-ce que tu t’en rendrais seulement compte ?
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Bilan d’orientation https://eudonia.fr/bilan-dorientation-scolaire-le-guide-complet-pour-reussir-vos-choix-davenir/
Eudonia
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