Damasio écrit avec une IA. Et il assume tout.
Alain Damasio utilise Claude pour créer l’univers de son quatrième roman.
Ecrivain français de science-fiction, de fantasy et d’anticipation politique, son verdict est le suivant :
« Sur mon artisanat propre, qui est de créer des univers, des personnages, et des trames, la chose arrive quasiment au même niveau. J’ai arrêté de prétendre que ce n’est pas puissant. Parce que c’est faux. »
Et il nomme ceci la quatrième blessure narcissique.
Après Copernic : la Terre n’est pas le centre.
Après Darwin : l’homme n’est pas séparé du singe.
Après Freud : tu ne maîtrises pas ta propre pensée.
Et maintenant : une machine simule ta créativité au point de te faire douter.
Simule. Le mot compte.
Damasio le dit lui-même : cécité sémantique totale. La machine ne sait pas ce qu’elle fait. Elle ne comprend rien.
MAIS ce qu’elle produit a un sens puissant pour nous. La machine donne un sens à notre interprétation humaine.
Le problème n’est pas que la machine soit intelligente.
C’est qu’elle n’a pas besoin de l’être pour ébranler celles et ceux qui le sont.
Après, on peut se planquer dans deux tranchées :
– Le déni : « c’est de la bêtise artificielle, circulez ».
– La panique : « c’est fini, tout est remplacé ».
Damasio refuse les deux. Il repousse ce que la machine propose. Puis il regarde à nouveau. Ni soumission ni rejet. Un corps-à-corps quotidien avec quelque chose qui le dépasse et qui ne comprend rien à la fois.
La seule posture honnête. Et la plus inconfortable.
Parce qu’elle t’oblige à identifier ce que tu fais RÉELLEMENT de différent d’une machine.
Pas ce que tu aimes croire.
Ce qui reste, une fois que le simulacre sait déjà faire le reste.
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Eudonia
